Sans base militante, Guy-Brice Parfait Kolélas peine à convaincre

Publié le février 25, 2021, 9:45
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Arrivé deuxième de la dernière présidentielle, Guy-Brice Parfait Kolélas sait qu’il aura fort à faire pour attirer les électeurs, le 21 mars prochain.

Avec un peu plus de 15 % des voix lors de l’élection présidentielle de 2016, Guy-Brice Parfait Kolélas est sans doute l’un des candidats à suivre jusqu’au 21 mars prochain. Le patron de l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki) a vu sa candidature acceptée par les instances nationales. Alors que débute la campagne le 5 mars prochain, Kolélas tentera de convaincre la population avec son programme. Au moment d’annonce son intention de se présenter à la présidentielle, Guy-Brice Parfait Kolélas proposait de « bâtir un Congo décentralisé, solidaire et unitaire ».

L’opposition affaiblie par la désunion

Mais Kolélas peut-il vraiment espérer faire plus que 15 % ? La base militante de l’homme politique est plutôt faible. S’il dispose de relais à l’extérieur du pays, du Royaume-Uni à la France, en passant par la Suisse, Guy-Brice Parfait Kolélas a bien du mal à unir l’opposition. Une opposition qui s’est elle-même affaiblie en se présentant divisée lors de cette campagne 2021. Face à lui, Denis Sassou N’Guesso trouvera six candidats à la victoire. De quoi prévoir un éparpillement des voix de l’opposition qui, désunie, offre un boulevard au président en place.

Ancien proche de Jean-Marie Le Pen

Surtout, comment convaincre un pays lorsque, chez lui, Guy-Brice Parfait Kolélas peine à faire l’unanimité ? Dans son fief du Pool, le candidat a du mal à exister, puisqu’il vit dans l’ombre de son frère, Landry Kolélas, le Haut Commissaire à la réinsertion des ex-combattants. Guy-Brice Parfait a, de plus, un passé politique qui inquiète : ancien proche de Jean-Marie Le Pen, le leader de l’extrême droite française, Kolélas a une image d’extrémiste dont il peine à se débarrasser. Ses passages par le Parti communiste français puis le Front national font aussi de lui un indécis.

Trahison familiale

Difficile aussi de faire digérer aux électeurs sa trahison familiale. Guy-Brice Parfait est le fils de Bernard Kolélas, qui fut le ministre de Denis Sassou N’Guesso. Au décès de son père, Guy-Brice Parfait Kolélas a repris le MCDDI, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral, avant de le quitter. Ancien ministre de DSN, l’opposant a bien du mal à expliquer comment il peut aujourd’hui combattre un système dont il a autrefois fait partie. Une énigme de plus qui montre la fragilité de la candidature de Guy-Brice Parfait Kolélas, qui sait qu’il fera, le 21 mars, tout au plus de la figuration.

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