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Présidentielle : Dave Mafoula cherche encore sa place

Lors de sa première apparition médiatique notable depuis qu’il s’est déclaré candidat à la présidentielle du 21mars prochain, le candidat Dave Mafoula, du parti Les Souverainistes (LS), a dévoilé son projet de société.

C’était sur la chaîne de télévision multilingue Afrique Média que le candidat des LS, Dave Uphrem Mafoula, s’est prononcé hier soir, le 10 mars, en pleine campagne électorale. Répondant à des questions pour le moins convenues, le candidat a n’a pas vraiment convaincu. Ses réponses sans relief ont été bien éloignées du « contrat présidentiel » qu’il promet dans son projet de société.

Jeune et ambitieux

C’est l’image que le candidat voudrait laisse paraître. Mais force est de constater qu’il en est loin. Devant la petite caméra, assis sur un petit siège, il a transpiré vingt minutes durant. La voix tremblante, Dave Mafoula a réitéré son expression fétiche : « Quémander le dialogue avec le pouvoir actuel, c’est gravir une montagne », a-t-il insisté. Mafoula avait utilisé la même phrase lors de six des sept interviews qu’il a données à la presse ces deux derniers mois.

Alors que les candidats principaux se déplacent de ville en ville à la rencontre des votants et présentent des programmes plus ou moins concrets, le candidat le plus jeune de cette présidentielle n’offre aucune alternative crédible.

En survolant son programme économique, il a répété le terme « diversification » onze fois en une minute, sans parler d’agriculture, d’industrie, d’énergie ou de finances. Un gros manque de réalisme couplé d’un manquement aux droits des électeurs de connaître ce qui les attendrait en cas d’élection. Etonnant de la part d’un ex-chargé de clientèle et ministre délégué chargé de relations avec le Parlement. On imaginait qu’avec ce background, Moufala aurait eu le verbe plus facile.

Dave Mafoula semble bien loin des préoccupations congolaises, lui qui estime que « celui qui veut se lancer en politique doit commencer par choisir une bonne femme ». Ce n’est pas une blague.

« Il faut toujours commencer quelque part »

Loin de la fluidité d’un présidentiable, le jeune homme a ponctué son exposé avec d’autres affirmations tout aussi alambiquées. Notamment en parlant de son bilan aux côtés du président Denis Sassou N’Guesso : « L’expérience a été bonne et mauvaise », a-t-il répété d’une façon particulièrement insipide.

Néanmoins, Dave Mafoula a tenté de dévoiler sa vision de l’Etat, qu’il a qualifiée de « démocrate et républicaine », à la surprise du présentateur. Parmi les étonnantes propositions de Mafoula, celles d’un retrait total du gouvernement, de l’abolition du ministère de la Justice, la suppression du Sénat ou encore de la suspension de tous les conseils consultatifs…

Et pour rajouter une couche, Mafoula (le candidat de l’audace, comme il aime à être surnommé) a expliqué que « l’éducation, l’habitat, l’équilibre économique et social ainsi que l’éthique » étaient « prises en compte dans (son) projet de société ». Entrecoupant ses prises de parole de sautillements nerveux et laissant les bras placés sur son abdomen, le candidat peine à convaincre. Pire encore, c’est l’antithèse même d’un politicien, comme s’il criait aux Congolaises et aux Congolais : « Ne m’élisez pas ! ».

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