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Les évêques du Congo ont émis des réserves sur la présidentielle du 21 mars prochain, outrepassant leurs prérogatives.

Réunis en session extraordinaire, les évêques du Congo-Brazzaville ont tenu à envoyer « un message de paix et d’espérance », à moins de deux mois du scrutin présidentiel. Le corps religieux a rappelé que les élections, en Afrique, étaient « souvent l’occasion de troubles sociopolitiques et sécuritaires ».

Mais pour les évêques, la situation congolaise est aujourd’hui stable. Les évêques se sont ainsi félicité des « améliorations survenues dans notre pays en matière de sécurité depuis les dernières élections ». Pour eux, « depuis deux ans, en effet, on peut dire que la sécurité est revenue dans l’ensemble du département » du Pool, un apaisement « bénéfique à tout le pays ».

Un bilan présidentiel positif

Les évêques ont également remercié le gouvernement et le président pour leur gestion de la pandémie de Covid-19, mais aussi à propos des infrastructures et de la sécurité.

Mais les évêques de nuancer, en émettant « de sérieuses réserves qu’une élection présidentielle apaisée, participative, transparente, libre et crédible puisse être organisée dans les conditions actuelles, conscients ‘du rôle clé que les élections crédibles peuvent jouer dans l’édification de la nation’ ».

La Conférence épiscopale du Congo déplore l’existence d’« un fichier électoral non maitrisé, des institutions chargées des élections qui doivent faire la preuve de leur indépendance, un découpage électoral inéquitable ».

L’Eglise attise les tensions plus qu’elle ne les apaise

Les évêques sont-ils dans leur rôle ? Ces dernières années, les prélats africains ont souvent été importants dans la résolution des crises politiques sur le continent. Mais depuis quelques temps, les religieux tentent de jouer un rôle politique. C’est le cas au Togo, où Mgr Kpodzro s’est opposé au président en place en poussant son candidat. En Côte d’Ivoire, c’est Alassane Ouattara qui a fait les frais d’une sortie offensive de la part de l’Eglise locale.

Dans ce cas précis, les évêques semblent jouer le jeu de l’opposition en dénonçant un scrutin qui n’a même pas encore eu lieu. Des paroles d’apaisement qui n’en sont pas vraiment et qui pourraient avoir l’effet contraire en attisant les tensions.

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