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Election présidentielle et décès de Kolélas : dura lex, sed lex

Après que son avion est parti vers la France dimanche matin, Parfait Kolélas est décédé des complications de la Covid-19. Le décès du principal rival du favori des élections, Denis Sassou N’Guesso, a laissé place à de nombreuses interprétations de la loi électorale.

Atteint de coronavirus et diagnostiqué positif la veille du scrutin, Guy-Brice Parfait Kolélas a succombé à sa maladie après avoir fait l’effort de continuer la campagne jusqu’au jour de l’élection. Cependant, de nombreuses voix, dont celles des opposants, demandent le report de l’élection sur la base de l’article 70 de la Constitution.

Des opposants qui attisent la haine, dans un contexte où, sans surprise, le favori de cette élection, Denis Sassou-N’Guesso, devrait sans doute sortir vainqueur si on en juge par le déroulement de la campagne présidentielle.

Quant à l’article de la Constitution congolaise en question, l’article 70, il stipule : « Si avant le premier tour, un des candidats décède ou se trouve définitivement empêché, la Cour constitutionnelle prononce le report de l’élection. En cas de décès ou d’empêchement définitif de l’un des candidats restés en lice pour le second tour, la Cour constitutionnelle déclare qu’il soit procédé de nouveau à l’ensemble des opérations électorales. ».

La constitution reste immuable

Or, au demeurant, le défunt candidat de l’Union des Démocrates Humanistes – Yuki (UDH-Yuki) avait fini sa campagne le jeudi. Et ses représentants, en l’occurrence sa femme, avaient organisé un dernier rassemblement la veille de l’élection, et ont continué à le plébisciter jusqu’au silence électoral, voire au-delà pour certains.

Parfait Kolelas lui-même a posté une vidéo de son lit d’hôpital, où il a incité ses partisans à voter massivement pour lui. « Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter », avait déclaré le défunt la veille de son décès.

Cela conforte deux éléments juridiques dans le cadre de la décision de la Cour constitutionnelle : le libre choix et la conscience juridique. Et bien que la jurisprudence congolaise n’ait jamais défini les limites « d’avant le premier tour », dans la mesure où le candidat était conscient et vivant à la fin du scrutin, les résultats seraient indiscutablement validés.

Le champ d’interprétation de la Loi dans ce cas n’est que très limité. Ses limites se trouvent là où l’indélicatesse de certains opposants — comprenez Mathias Dzon — les pousse à mettre en doute les circonstances de la maladie de Kolélas. Des circonstances connues de tous, le diabète, auxquelles s’ajoute l’infection à la Covid-19. Une personne avec un minimum d’empathie présenterait ses condoléances au lieu d’attiser la haine, mais on ne peut blâmer les goujats pour leur grossièreté.

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